Le jeune prince et sa rose

Image de l'exposition de Sirena Azocar

SIRENA AZOCAR
SOLO SHOW

CARBONE 17, 17 RUE DES POSTES 93300 AUBERVILLIERS 30 & 31 MAI 25

VERNISSAGE 30 MAI 2025

Exposition personnelle de Sirena Azocar
Carbone 17

Un texte critique de Quentin Minot


MASK - Un Solo Show de Sirena Azocar

Choisir de porter un masque, c’est faire le choix d’une présentation, ce n’est pas l’artifice du masque qui nous détermine, mais son porteur qui choisit d’en incarner l’artifice. 

Quand la photographe américaine Phyllis Galembo documente les différentes traditions autour du masque, elle le révèle comme un formidable acteur de la performance de soi, un véritable moyen de transformation.

Le masque relève ainsi du sacré, la ligne entre réalité et illusion, Dieu et humain, vie et mort s’estompe, il permet de se connecter avec ce qu’il y a de supérieur en nous, en donnant vie à nos croyances. 

Sitôt revêtu, le masque dicte une certaine expression du corps, qui amène très vite à demander si, sans son artifice, nos corps eux aussi prédéterminés, ne commandent pas déjà des expressions du même genre. Comme le masque qui nous oblige à jouer selon ses règles, nos corps s’imposent et racontent les histoires qui précèdent leur création. 

Il existe aussi en nous des puissances relatives au passé, une source intarissable de mythes, d’ancêtres ou d’esprits qui nourrissent les corps comme les masques et que nous pouvons choisir d’incarner ou d’ignorer. 

 

C’est dans cette perspective que Sirena Azocar, artiste peintre autodidacte, choisit de traiter les corps comme des masques, avec son tracé maniériste et sa palette colorée, elle sacralise ce qu’il y a de performatif dans le corps. Il se congestionne, s’étend dans des postures habitées, révolutionne ses formes et échappe ainsi à toute normativité. 

Quand le corps devient le masque, il n’est plus ce qui recouvre l’âme ou l’individu mais ce qui motive son expression, il devient cet espace de liberté et de possibilité. Dans ses origines et son métissage, il y a chez Sirena une forme antérieure, un masque ou un corps dont la puissance demande à être saisie, un potentiel sacré qui préexiste en elle, tout comme il existe en chacun de nous. 

 

Si le temps de cette exposition, le carbone 17 arbore la symbolique d’un lieu saint, c’est pour inciter au recueillement autour de ce que nos corps ont d’implicites. Comme la foi qui trouve sa puissance dans l’épais mystère qui la caractérise, nos héritages portent autant de mystères dont les corps se souviennent et qui chaque jour fournissent les preuves de leur potentialité. 

Les toiles placées ainsi comme des vitraux, racontent l’histoire des corps, leurs joies et leurs lamentations, l’intimité qu’ils réservent et tous les devenir qui sommeillent en eux. Minot