Le jeune prince et sa rose

Une image de l'artiste 100h reposant sur des toiles

Portrait de l'artiste 100h
Atelier Willystudio Paris

Un portrait de Quentin Minot

Devenir peintre à plusieurs

 

100H, c’est le pseudonyme qu’a choisi l’artiste Ugo Hellaudais pour s’exprimer librement. Autodidacte, il rencontre la peinture enfant, se forme au graphisme après le lycée et fini par redécouvrir la peinture, résolut à y explorer une nouvelle forme de création : la peinture collective.

Artiste résident des Studios Willy à Paris, il accueille en ce cadre des groupes venus partager sa pratique et expose régulièrement ses œuvres dans différentes galeries à l’international. 

Au cœur de son œuvre, s’exprime un constat :

Il n’est pas de création qui ne soit politique. Seulement, dans le monde de l’art, on demande sans cesse aux artistes d’affirmer leur individualité pour justifier les excès d’attention que l’on porte à quelques êtres particuliers, les artistes uniques.

Ugo a pris cette direction opposée, celle, si singulière de son temps, d’une création plurielle pour célébrer un jaillissement collectif. Il réunit les siens autour d’une toile blanche, et bien que c’est son nom qui figurera sur l’œuvre finale, c’est la poésie de ses proches qui s’exprime en elle.

Dans chaque moment d’expression, tous s’abandonnent à leurs complexités individuelles et forment alors une somme de particularités unies et souveraines. Des productions signées 100H, car à l’heure où tous rentrent chez eux, 100H reprend lui ses instruments pour conclure cette réunion avec lui-même dans le silence qui fait place…

Dans la solitude de son atelier, l’artiste entame alors sa tâche la plus ingrate, celle d’habiller les formes, de déguiser les traits et de réconcilier les couleurs pour réunir l’harmonie dont seul lui est le véritable maître.

L’artiste devient médiateur, il est l’intermédiaire d’un moment, l’arbitre d’une toile.

Son rôle n’est plus seulement de s’exprimer, mais de faire s’exprimer les autres. Il soigne le cadre, arrondis les angles, prépare la peinture, puisqu’il ne saurait y avoir de grandes œuvres sans les grands moments qui leur sont associés.

Voilà le spectacle qui nous est offert, la métamorphose d’une toile qui devient le réceptacle matériel d’un moment unique où s’y amoncellent les différents états d’âmes des participants, se bousculant dans leurs contradictions, éclaboussent l’objet d’art de leurs humeurs. L’œuvre capte toute l’intériorité des participants et rend visible ce qui s’est joué d’invisible pendant le processus créatif.

L’ego ou les peurs des participants, sont habilement remises au centre d’une pratique innovante et sociale, transformant l’art en un processus thérapeutique et libérateur pour ceux qui s’y essayent.

Le peintre débute toujours ses séances dans le geste hautement symbolique d’un coup de pinceau aux apparences hasardeuses, venant souiller la toile pour briser l’effroi du vide comme la blancheur du monde.

C’est par ce geste que tout commence chez Ugo, la joie que l’on trouve dans la création, la thérapie que l’on entame dans l’action, le tableau qui s’anime une première fois et la vie qui émerge à chaque instant et se déploie.

 

Minot