Le jeune prince et sa rose

Qui suis je ?


Je n’ai pas été un enfant des arts. 


J’ai mis pour la première fois les pieds au musée à l’âge de 18 ans, et je n’y ai rien vu.


Sans doute un peu de couleur, quelques courbes gracieuse et un soupçon d’extravagance, mais rien qui ne pouvait capter l’attention du jeune homme rationnel que je souhaitais devenir, persuadé alors, de sa parfaite rigidité.


Ce n’est que 2 ans plus tard, en suivant une amoureuse dans un musée de province, que je fis ma première véritable rencontre avec un tableau. Transporté alors de ce sentiment nouveau, dont je m’étais toujours senti étranger et qui nourris depuis mon amour pour l’art et cet intense désir de connaissance, qui m’anime encore aujourd’hui.


C’est sans doute là ce qui me fait aimer l’art en premier : sa capacité à venir perturber la normalité, à venir propager un fragment d’intimité, et appeler dans son étrangeté, à ce que nous déployons à notre tour, une partie de notre propre monde.


L’art c’est pour moi, la rencontre entre deux individualités.


Participer à son exposition, c’est assumer la responsabilité de cette rencontre, c’est avant tout croire en l’art, en son pouvoir et en son utilité !


La principale utilité de l’art c’est celle de ne pas en avoir, afin de permettre l’élaboration d’espaces indéfinis où les artistes sont maîtres de présenter ce qu’ils souhaitent en rejetant toute forme d’obligations extérieures. Je n’ai aujourd’hui pas encore trouvé dans ce monde aucun autre espace qui ne sait laisser cette noblesse à l’absurde, un sentiment que j’estime fondamental, dans nos sociétés gouvernées par un sens bien trop radical de l’efficacité.


J’aime à définir les artistes comme des forces du chaos, je vois dans leurs productions avant tout l’expression d’une liberté pure, celle de s’exprimer dans son soi, et trouver dans l’acte créateur, une manière de venir complexifier jusqu’à la vie elle-même.


Ma vocation sera de fragiliser les frontières entre l’art et la vie, puisque pour tout vous avouer, je n’arrive plus vraiment à les différencier.