Des tissus traditionnels au wax : comprendre la construction des identités textiles africaines

Des tissus traditionnels au wax : comprendre la construction des identités textiles africaines

Conférence


Une conférence pour questionner les représentations et valoriser les patrimoines textiles africains
Le samedi 20 juin, le Centre André-Malraux de Rouen a accueilli la conférence-débat « Du wax aux tissus traditionnels : comprendre la construction des identités textiles africaines », temps fort du projet Tissus d’Afrique & mémoires tissées, porté par Wildath Moumouni dans le cadre de son Master 2 Développement du Patrimoine Culturel à l’IESA Arts & Culture.
Réunissant des spécialistes du patrimoine, de l’histoire de l’art, de la mode et de l’entrepreneuriat culturel, cette rencontre avait pour ambition d’interroger une idée largement répandue : pourquoi le wax est-il aujourd’hui considéré comme le principal symbole du textile africain, alors qu’il n’est pas issu des traditions artisanales du continent ?
Autour de cette problématique, les échanges ont permis de retracer l’histoire du wax, depuis son inspiration du batik indonésien jusqu’à sa diffusion par les industriels européens, avant son appropriation progressive par les populations africaines. Les intervenantes ont montré que, loin de remettre en cause la place du wax dans les cultures africaines contemporaines, cette histoire invite surtout à redécouvrir la richesse et la diversité des nombreux textiles traditionnels du continent.
La conférence a ainsi mis en lumière des étoffes emblématiques telles que le Kanvô du Bénin, le Kente du Ghana, le Bogolan du Mali ou encore l’Aso Oke du Nigeria. Chacun de ces tissus témoigne de savoir-faire ancestraux, de techniques de tissage spécifiques et de significations sociales, politiques ou spirituelles qui participent pleinement à la construction des identités culturelles africaines.
Les discussions ont également porté sur les enjeux contemporains de la transmission de ces patrimoines. Face à la mondialisation, à l’évolution des pratiques vestimentaires et aux mutations économiques, la préservation des savoir-faire textiles apparaît aujourd’hui comme un défi majeur. Les intervenantes ont souligné le rôle essentiel des artisans, des créateurs, des institutions culturelles et des jeunes générations dans la sauvegarde et la valorisation de ces héritages.
Au-delà des apports scientifiques, cette conférence a offert un véritable espace de dialogue entre les intervenantes et le public. Les nombreuses questions ont témoigné d’un réel intérêt pour ces patrimoines encore trop peu connus et ont permis de prolonger les échanges autour des notions de mémoire, d’identité, de création contemporaine et de transmission culturelle.
À travers cette rencontre, Tissus d’Afrique & mémoires tissées a pleinement rempli son ambition : inviter le public à porter un regard nouveau sur les textiles africains et rappeler que derrière chaque étoffe se cache une histoire, un territoire, un savoir-faire et une mémoire collective.
Cette conférence constitue ainsi une étape importante dans la valorisation des patrimoines textiles africains et confirme la nécessité de poursuivre les initiatives favorisant leur transmission auprès du plus grand nombre.