
Le premier verre, le dernier verre, la dernière cigarette et cette fameuse phrase : « Bon, on rentre ? » que personne ne semble jamais prendre au sérieux.
Il y a peu de choses que j’aime autant qu’un dîner entre amis. Et je parle bien d’un dîner au restaurant, pas d’une invitation à la maison où il faudrait prévoir un menu, faire les courses et passer sa soirée derrière les fourneaux. Très peu pour moi. Je préfère largement choisir une jolie adresse et arriver avec une bonne bouteille si l’occasion s’y prête.
Tout commence souvent par un message : « On se prend un verre cette semaine ? » Une proposition anodine qui finit généralement par se transformer en dîner, puis en deuxième verre, puis en une soirée dont personne n’avait vraiment prévu la durée.
On commande, on trinque, on prend des nouvelles. Les conversations passent des dernières histoires d’amour aux projets professionnels, des vacances aux petits drames du quotidien. Il y a toujours une anecdote croustillante, une opinion beaucoup trop tranchée sur un sujet sans importance et quelqu’un pour demander : « Attends, mais je ne t’ai pas raconté ? »
Et puis viennent les petits rituels. Le dernier verre, qui n’est jamais le dernier. La dernière cigarette, qui appelle presque toujours la suivante. Les discussions qui se poursuivent sur le trottoir alors que le restaurant a déjà débarrassé notre table. Et cette personne qui annonce qu’elle travaille le lendemain matin, mais qui est toujours là quarante minutes plus tard.
C’est aussi ça, le plaisir de sortir entre amis : ne pas avoir besoin d’un programme extraordinaire pour passer une excellente soirée. Une bonne adresse, une table bien placée, des gens qu’on aime et suffisamment de temps devant soi. On n’a pas besoin de beaucoup plus.
Alors, la prochaine fois que vous hésiterez à proposer un dîner, faites-le. Même un mardi, même après une longue journée, même si vous aviez prévu de rentrer tôt.
Parce qu’on sait toutes comment ça se termine : un dernier verre, une dernière cigarette et, finalement, une soirée qu’on aurait bien aimé faire durer encore un peu.
Et si le meilleur programme était simplement de ne pas en avoir ?
